Avis de vigilance : Cas humain d’échinococcose alvéolaire au Québec

Avis de vigilance : Cas humain d’échinococcose alvéolaire au Québec

Avis de vigilance : Cas humain d’échinococcose alvéolaire au Québec

5 avril 2019

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) ainsi que le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) invitent les médecins vétérinaires à être vigilants vis-à-vis du parasite Echinococcus multilocularis, responsable de l’échinococcose alvéolaire (ÉA). La Direction de santé publique des Laurentides rapporte pour la première fois un cas humain de cette grave maladie acquis au Québec. En Ontario, quelques cas d’ÉA ont été diagnostiqués chez des chiens depuis 2012. Bien que la maladie demeure rare, ces éléments indiquent une émergence du parasite dans l’est du Canada.

E. multilocularis est un petit cestode qui se transmet dans un cycle proie-prédateur. L’hôte définitif est un canidé sauvage (souvent un renard ou un coyote) qui héberge le parasite dans ses intestins et qui excrète des œufs dans ses fèces. Le chien (et plus rarement le chat) peut aussi agir comme hôte définitif. Les œufs sont immédiatement infectieux et très résistants dans l’environnement. L’hôte intermédiaire est habituellement un rongeur et son ingestion par un canidé complétera le cycle parasitaire.

Chez l’humain, comme chez le chien, l’ÉA fait suite à l’ingestion accidentelle d’œufs infectieux. Le parasite entraîne le développement d’une masse au foie, puis des métastases larvaires peuvent envahir d’autres organes. La période d’incubation peut durer plusieurs années. L’ÉA est souvent fatale si elle n’est pas traitée.  .

Le cas humain rapporté implique un enfant qui aurait acquis la maladie au Québec, selon l’enquête épidémiologique. Les renards, fréquemment observés autour de sa résidence, auraient possiblement contaminé le sol de leurs fèces. Des légumes du potager ou des petits fruits cueillis à proximité sont donc une source d’infection probable. Un chien ayant appartenu à la famille, qui avait un attrait pour les carcasses de rongeurs, en est une autre.

Au Québec, le parasite ou l’ÉA n’a jamais été identifié chez les animaux, mais peu de données sont disponibles. En revanche, la prévalence du parasite serait de 23% chez les canidés sauvages dans le sud de l’Ontario et six cas d’ÉA chez des chiens y ont été confirmés dans les dernières années.

Recommandations au sujet d’E. multilocularis

1)      Pour la prévention de l’infection intestinale et la prévention de l’ÉA :

  • Éviter les comportements de prédation chez vos animaux. Éviter que vos animaux ne soient en contact avec des animaux sauvages, leurs fèces ou des carcasses (ex : se rouler dessus).
  • Effectuer des analyses de selles au moins annuellement pour vérifier la présence d’œufs de cestode chez les animaux allant à l’extérieur et vermifuger rapidement les animaux infectés.
  • Recommander la vermifugation mensuelle au praziquantel des animaux à plus haut risque d’exposition. Si ces animaux ne sont pas correctement vermifugés et qu’ils deviennent des hôtes définitifs du parasite, ils excrèteront des œufs du parasite dans leur milieu de vie, ce qui augmentera le risque d’ÉA chez l’humain ou chez d’autres animaux.
  • Éviter l’accès au potager pour les animaux et éloigner les animaux sauvages des habitations (ex. : bloquer l’accès aux sources de nourriture comme les poubelles, ainsi qu’aux abris potentiels).
  • Adopter de bonnes mesures d’hygiène :
    • Se laver les mains après un contact avec un animal.
    • Ramasser les fèces de vos animaux sans délai, en se protégeant avec des gants ou un double sac de plastique, puis se laver les mains.
    • Bien laver les aliments consommés crus, comme les légumes et les petits fruits.

Source : OMVQ avril 2019

Lien complémentaire MSSS : http://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/fichiers/flashvigie/FlashVigie_vol14_no2.pdf

 


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