Une maladie respiratoire infectieuse canine bien mystérieuse! 

Une maladie respiratoire infectieuse canine bien mystérieuse! 

 

Durant l’automne 2023, une maladie respiratoire affectant nos compagnons canins a fait beaucoup parler d’elle! Outre un certain nombres d’interventions médiatiques au Québec, le Dr Scott Weese, médecin vétérinaire spécialiste en médecine interne et expert en maladies animales infectieuses et parasitaires, a écrit plusieurs articles très intéressants au sujet de cette mystérieuse maladie sur son blogue (https://www.wormsandgermsblog.com/). 

Le texte qui suit est essentiellement un résumé des observations du Dr Weese. 

 

Nous voulons d’abord vous rassurer. Il est important de préciser qu’au début de l’année 2024, la maladie respiratoire semble s’estomper graduellement, donc une bonne nouvelle! 

Voici tout de même certains éléments d’informations à considérer. 

 

La cause 

Jusqu’à ce jour, aucun agent infectieux n’a été découvert comme étant la cause directe de cet épisode de maladie respiratoire. Il y a eu quelques pistes pointant vers un nouveau virus ou encore la présence d’une bactérie du type Mycoplasma. Cependant et malgré plusieurs recherches et analyses effectuées jusqu’à présent, il n’y a eu aucune piste concluante. 

Actuellement, il semblerait que les agents infectieux des maladies respiratoires canines déjà connus, soit la bactérie Bordetella bronchiseptica et le virus parainfluenza (les deux principaux agents en cause dans la maladie de la toux du chenil), seraient en fait responsable des récents épisodes.  

 

Les zones géographiques 

Bien que certaines régions aient vécu une recrudescence notable de maladies respiratoires (certains états américains, Ontario et Québec également), il est reconnu que plusieurs maladies vont occasionnellement connaître une période d’activité et de contamination accrue. En fait, cela n’est pas vraiment différent de ce que nous observons fréquemment en médecine humaine, alors que certaines affections vont augmenter périodiquement. Nous pouvons penser à la grippe, les périodes de rhumes ou de gastro-entérites. 

Souvent, ces épisodes suivront un ralentissement de la prévention ou encore une augmentation des contacts favorisant la contagion. 

 

En ce qui concerne la maladie respiratoire canine, notamment en période post-pandémique, on pourrait cibler l’augmentation importante du nombre de chiens, une période de confinement ayant réduit les interactions entre les chiens et leur exposition aux agents de maladie, ainsi qu’une pénurie de professionnels qui pourraient avoir réduit la protection vaccinale contre les maladies connues (moins de chiens vaccinés récemment). 

 

Les manifestations 

Il est important de rappeler que la très grande majorité des cas de maladies respiratoires canines seront de courtes durées (7-10 jours) et se résoudront spontanément, sans nécessiter de traitement spécifique. La toux sera le principal symptôme, de même qu’un écoulement nasal plus abondant et parfois un peu de léthargie. 

Dans quelques rares cas et pour les animaux plus fragiles, la maladie pourra affecter les poumons et provoquer une pneumonie. Les animaux à risque seront principalement les très jeunes animaux, les animaux âgés ou encore les animaux devant combattre une autre maladie (cardiaque, pulmonaire, cancer, etc.). Les animaux dits brachycéphales (nez aplati : bouledogue, carlin, etc.) sont malheureusement davantage à risque, puisque leur capacité respiratoire est déjà affectée par leur mauvaise conformation des voies respiratoires supérieures (narines fermées, palais mou trop long, nez trop court). Certaines de ces races, ayant connu une grande popularité récemment, peuvent ainsi augmenter les statistiques des cas de maladies respiratoires plus sévères. 

 

À noter que la toux peut souvent persister pendant quelques jours, sans conséquence, après l’arrêt de la maladie et de la période de contagion. Les voies respiratoires ayant été irritée, il faut leur laisser le temps nécessaire pour bien guérir. 

 

Les traitements 

Comme il s’agit souvent d’une maladie auto-limitante, aucun traitement ne sera requis, sinon que de limiter les activités et favoriser la récupération avec du repos. 

Les antibiotiques ne sont d’aucune utilité lors de maladie virale. Pire, leur usage inconsidéré augmentera les risques de provoquer davantage de résistance bactérienne. 

 

Néanmoins, si l’évolution de la condition ne se fait pas telle que souhaitée, votre médecin vétérinaire sera en mesure d’effectuer divers tests (radiographies, bilan sanguin, culture bactérienne au besoin), afin de bien cibler l’action à prendre. 

 

Les antitussifs sont plus rarement utilisés. La toux demeure également un moyen de défense et sert à évacuer les sécrétions excessives. Ainsi, nous aurons recours à une médication spécifique pour réduire la toux, lorsque nous craignons la présence d’une toux excessive et problématique.  

 

La prévention 

La meilleure prévention demeure la vaccination. Nous avons le privilège d’avoir à notre disposition d’excellents vaccins contre les principaux agents causals des maladies respiratoires. Notamment la forme qui se donne par le bouche ou par le nez, apporte une protection très intéressante et rapide. 

Si votre chien peut se retrouver dans des endroits où de nombreux chiens peuvent se côtoyer (parcs, aire d’exercice canin, pension), en particulier si le statut vaccinal des autres compagnons est inconnu, il est alors important de considérer la vaccination contre les principaux agents infectieux (Bordetella et parainfluenza). 

 

N’hésitez pas à en discuter avec votre médecin vétérinaire, afin que vous puissiez ensemble établir le plan de protection le mieux adapté pour votre compagnon. 

 

Soyez assuré que nous restons à l’affût des développements touchant les maladies respiratoires canines!